11 septembre 2006

démagogie sans limites...

Demandez le programme !
Aujourd'hui ce sont les charges sociales sur le SMIC dans les entreprises de moins de 20 salariés que l'on supprime.

Et demande-t-on le moindre engagement de relèvement des salaires correspondant en même temps ? Non, rien. Et comment cela va-t-il inciter les entreprises à croître et à embaucher le 21° salarié ?

C'est une double ineptie et une double hypocrisie.

Première ineptie: on différentie les salariés au SMIC des autres, réduisant d'autant leurs chances de sortir de leur condition de smicard, puisqu'en effet un salarié non smicard coutera maintenant nettement plus qu'un slmicard. Rappellons que ce sont aujourd'hui 24% des salariés (3 600 000) qui sont rémunérés au SMIC, contre 14% en 2002 lorsque la droite est revenue au pouvoir.

Deuxième ineptie: on prive l'état de 600 Millions d'Euros de ressources chaque année. Les gens ne vont pas pour autant cesser de vieillir, de partir en retraite ou de tomber malades. Il faudra donc continuer à financer les dépenses correspondantes, et alors ce seront les budgets de l'éducation, de la justice ou des hôpitaux qui en pâtiront.

Première hypocrisie: ce ne serait que la part patronale de la cotisation URSSAF (Sécurité sociale), soit 26 € par bulletin de paie, à vérifier.

Deuxième hypocrisie enfin, car cette mesure ne deviendra effective qu'au 1er juillet 2007, chacun l'aura constaté, au lendemain donc des élections. Effet d'annonce aujourd'hui, effet réel plus tard, alors que le Premier Ministre actuel ne sera mêma plus au pouvoir, minant ainsi le terrain de son successeur, quel(le) qu'il(elle) soit.

Et bien évidemment, les journalistes plongent et en font leurs choux gras.

Si l'on veut réduire le coût du travail en supprimant effectivement certaines charges afin de rendre nos entreprises plus compétitives, il existe pourtant d'autres voies, non exclusives :

  • introduction d'une TVA sociale
  • financement de certains risques (santé, retraite) par l'impôt (Impôt sur les sociétés, CSG, Imôt sur le Revenu) et non par le travail
  • refonte de l'assurance chômage responsabilisant plus louurdement les entreprises recourant aux licienciements boursiers ou aux délocalisations massives.

Posté par vincent_g92 à 14:19 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires sur démagogie sans limites...

    Très bon post

    Je me suis permis de te citer sur mon blog.

    En plus de ce que tu dis, il est clair que cette mesure va lourdement pénaliser les boites qui payent plus que le SMIC...

    Posté par ava, 15 septembre 2006 à 07:18 | | Répondre
  • Eco

    Un tres interessant billet sur le sujet du point de vue économique :

    http://obouba.over-blog.com/article-3847691.html

    Posté par Laurent GUERBY, 15 septembre 2006 à 21:27 | | Répondre
  • Des mythes autour de l'emploi

    -
    ( Résumé vu sur le site http://www.actuchomage.org )

    Des mythes autour de l'emploi

    En dehors d'un contexte bien particulier, la "croissance" ne crée pas d'emplois.
    Seule une réduction ample, immédiate, impérative du temps de travail, associée à une extension du secteur public (qui ne se limite pas aux fonctionnaires) et du secteur coopératif, permet de résorber les 5 800 000 chômeurs réels (en équivalent temps plein).

    Depuis plus de quarante ans le chômage n'a cessé d'augmenter, excepté pour de rares périodes. En 1964 la France comptait 251 400 chômeurs, au sens du Bureau International du Travail (BIT) et en moyenne annuelle, pour 19 709 600 personnes actives occupées (ayant un emploi).

    En 1992, pour une croissance de la valeur ajoutée de 1,17 %, l'emploi a diminué de 136 100 (-179 700 en emplois réels, du fait d'une forte progression de l'emploi à temps partiel) alors qu'en 1991, pour une croissance voisine (1,10 %), l'emploi a augmenté de 45 500 (+67 100 emplois réels).

    En 1994, pour une croissance forte de 2,75 %, l'emploi a diminué de 8 900 (-95 600 emplois réels) car la productivité a augmenté davantage (2,79 %) pour une durée annuelle identique du travail. En 1995, avec une croissance plus faible (2,10 %) de la production, l'emploi a augmenté de 268 000 (+201 600 en réel, forte augmentation du temps partiel) car la productivité a très peu augmenté (0,88 %) pour la même durée du travail.


    Au début des années 70, la croissance était sensiblement supérieure à celle d'aujourd'hui. De 1970 à 1974, en quatre ans, la valeur ajoutée a progressé de 18,83 % et la productivité de 19,15 %, valeur légèrement supérieure. Si l'emploi a cependant progressé de 742 000, soit 3,60 %, c'est que la durée annuelle du travail a diminué de 3,73 % (de 1821 à 1753 heures). Le chômage a malgré tout augmenté car la population active progressait plus vite que la création d'emplois.

    Ce n'est donc pas une forte "croissance" qui crée de l'emploi mais une différence positive importante entre la croissance de la production et celle de la productivité, comme pour les années 1988-89 (1,5 %) et dans une moindre mesure 1987 et 1990, ou une forte diminution de la durée du travail, comme entre 1970 et 1974.

    Pour une durée constante du travail, seule une évolution de la valeur ajoutée supérieure à celle de la productivité entraîne une création nette d'emplois (nombre d'emplois créés, à durée du travail identique, supérieur à celui des emplois détruits). Plus généralement, l'évolution de la valeur ajoutée est égale au produit des évolutions de la productivité, de la durée du travail et de la population active occupée. Autrement dit, l'emploi (population occupée) augmente uniquement si la production (valeur ajoutée) augmente plus vite que le produit de la productivité par la durée du travail.

    En 1994, malgré une croissance importante de la production (2,75 %), 8 900 emplois ont été perdus. La perte d'emplois réels est de 95 600 du fait de l'augmentation de 219 200 des emplois à temps partiel.

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    Un autre mythe aussi se développe selon lequel, à partir de l'an 2006, la population active diminuerait, résolvant ainsi le problème du chômage. Effectivement, selon les projections de l'Insee et dans l'hypothèse moyenne, la population active atteindrait un sommet en 2006 (ou 2010 - 2012 selon des estimations plus récentes). Ensuite, la population active diminuerait d'abord très lentement (251 200 en moins après dix ans), puis lentement pour ne retrouver qu'en 2032 le niveau de 1996 et en 2040 celui de 1994. C'est une imposture de présenter ce facteur bien modeste comme une solution naturelle au chômage ... très partiellement et dans quarante ans.

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    Enfin, ce ne sont pas les salariés payés au voisinage du smic qui coûtent trop cher aux entreprises. Le décile (10 %) des salariés les moins payés représente 4,9% de la masse salariale, alors que le décile des salariés les mieux payés représente 22,7 % de cette même masse, soit 4,63 fois plus. D'un autre point de vue, le salaire minimum du centile (1 / 100) le plus élevé des salaires, est 7,60 fois supérieur au salaire maximum parmi les 10 % de salaires les plus faibles. ... Comme on le constate, les "personnels non qualifiés" ne sont pas la cause principale des "trop lourdes charges salariales" des entreprises.


    Pour plus d'informations, voir à cette adresse :

    http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/mythes.htm



    w

    Posté par visiteur, 07 octobre 2006 à 11:02 | | Répondre
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